• ~ 89 mois de Caroline Michel ~

    Résumé :

    Jeanne, célibataire, contrôleuse de train sur la ligne Paris-Auxerre, n'a qu'une obsession : devenir maman avant que le temps la rattrape. Elle a fait une croix sur le couple, il lui faut simplement un géniteur. Sa décision ne fait pas l'unanimité auprès de ses amis, et, même si parfois elle doute, elle est déterminée à surveiller son cycle, à provoquer les rencontres, à boire des potions magiques et à lever les jambes après chaque rapport, sait-on jamais.

    Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    J'ai été très attiré par la thématique du second roman de Caroline Michel, publié aux éditions Préludes en mai 2016 et j'ai aussitôt eu envie de le découvrir. Jeanne a 33 ans, elle est contrôleuse à la SNCF et il lui reste exactement 89 mois avant ses 40 ans et donc, comme elle le dit si bien "que son corps soit hors-jeu". Durant ces 89 mois, elle n'a qu'un objectif : tomber enceinte, quoiqu'il lui en coûte.

    On rencontre donc une femme obstinée, déterminée et même obsédée par la maternité et son désir de devenir maman, au point qu'elle parle très souvent à ce bébé qui n'existe pas encore mais qu'elle imagine déjà avec beaucoup d'amour et de tendresse. Elle va cependant se heurter aux principes de ses amies, aux mœurs de notre société actuelle, qui prône les valeurs familiales et la famille père/mère/enfant. 

    Jeanne va tenter par tous les moyens d'expliquer et justifier son choix auprès de sa famille, ses proches pour le faire respecter. Bien qu'elle chancelle, qu'elle vacille, son désir restera sa principale motivation et le fil rouge de cette histoire rigolote et touchante. Peu importe le moyen, Jeanne comprend rapidement qu'être enceinte est une épreuve et peut s'accompagner de difficultés, qu'elle affrontera les unes après les autres.

    Ce n'est pas le couple qui est ici à sa place, Jeanne n'est pas à la recherche de l'amour ni du prince charmant. Elle a la recherche de son bébé. La place du père est oubliée dans une histoire qui pourtant est remplie de caractère masculin, à travers les personnages de Nicolas, Félix, Alfred, Arnaud... C'est peut-être ce qui m'a un peu dérangée. Aucun de ces hommes ne trouve à redire à ce désir de maternité qui reste égoïste. 

    De plus, l'histoire n'est pas sans examiner les clichés de la maternité, des femmes enceintes et des aspects négatifs de celles-ci. J'ai été un peu déçue de constater que l'issue de ces dix mois passés en compagnie de Jeanne était aussi banale. Bien que j'en sois très heureuse, cela ne m'a pas surprise.

    ♦ ♦

    Un roman frais, léger et drôle qui nous plonge dans la sphère maternelle et qui nous prouve que parfois, le désir d'être mère est bien plus fort que toutes les valeurs sociétales, les préjugés et les avis. Pleines d'humour, les mésaventures de Jeanne sont touchantes et très agréables à lire.


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  • ~ La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald ~

    Résumé :

    Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.

    Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.

    Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

    Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ 

    C’est en découvrant la parution récente du dernier livre de Katarina Bivald, Le jour où Anita envoya tout balader, que j’ai eu envie de me plonger dans l’univers de l’auteur et de repartir zéro en lisant son premier roman, publié en janvier 2015 aux éditions Denoël. 

    Dès les premières pages, l’auteur nous immerge dans une petite ville peu peuplée, pronfonde et oubliée de l’Iowa : Broken Wheel. Sara, notre protagoniste, a perdu son travail et se rend chez son amie, Amy, avec qui elle correspond depuis deux ans. Seulement, arrivée sur place, elle découvre que cette dernière est décédée.

    Sara est un petit rat de bibliothèque, tellement obsédée par les livres –les  préférant même aux Hommes– qu’elle décide d’ouvrir une librairie. Elle utilise l’outil livre pour créér du lien, des relations d’amour et d’amitiés, en initiant tant bien que mal les habitants de Broken Wheel a lire et c’est ce que j’ai adoré. Elle est un personnage très attachant, et possède une passion noble : la passion et l’envie de la partager qui m’ont beaucoup parlé. Amy est, quant à elle, très présente au sein de la ville sans l’être. La manière dont l’auteur la met en scène m’a énormément plu.

    Les personnages qui peuplent cette ville sont excentriques, loufoques et font le caractère authentique de cette ville. Ils représentent chacun une pièce d’un puzzle géant qui composent Broken Wheel et m’ont beaucoup fait rire, en raison leur différentes et leurs côtés hors du commun. Ils m’ont permis de découvrir une ville chaleureuse et accueillante, dans laquelle on irait bien passer quelques jours de vacances.

    Malgré tout, quelques passages m’ont semblés longs et je me suis parfois ennuyée au détour de certains chapitres… La fin m’a, en revanche, tenue en haleine et m’a fait retrouver ce désir de connaître l’issue de l’histoire de notre protagoniste suédoise. L’histoire d’amour qui est le fil rouge de ce roman n’est pas aussi développée et aussi bien que ce que j’espérais mais elle permet de faire naître des liens d’amitiés si forts entre les personnages et Sara qu’elle mérite amplement sa place.

    ♦ ♦

    Un roman feel-good autour d’une amoureuse des livres et que je conseille donc à tous les amoureux des livres et des histoires « pas prise de tête ». C’est une histoire qui permet de passer un moment agréable en compagnie de personnages excentriques et chaleureux, mais qui ne marquera malheureusement pas mon esprit.


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  • ~ La petite boulangerie du bout du monde - Jenny Colgan ~

    Résumé :

    Quand son mariage et son entreprise familiale font naufrage, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Elle s'installe seule dans un minuscule appartement situé au-dessus d'une boutique laissée à l'abandon. Pour se remonter le moral, elle se consacre à son plaisir favori : fabriquer du pain.

    Au fil des rencontres farfelues (un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands) et au gré des événements heureux ou tragiques qui touchent la communauté, ce qui ne devait être qu'un simple " break " devient l'entreprise de sa vie.

    Polly se révèle enfin à elle-même : une femme déterminée et créative, prête à mordre dans la vie comme dans une mie de pain chaude et croustillante. 

    Mon avis : ♥ ♥ ♥

    La petite boulangerie du bout du monde est un roman léger, idéal pour les vacances qui mêle valeurs de partage, d'entraide sur un ton drôle et léger. Même si le fond est nettement la crise économique qui a touché l'entreprise de Polly, elle n'y ait pas développé et j'ai apprécié. 

    Polly est une femme sûre d'elle qui n'hésite pas à faire ce qu'elle aime faire, bien que cela puisse lui attirer des ennuis. Elle est entière, aime faire plaisir et on l'apprécie pour cela. Obstinée et ambitieuse, elle rêve de sa boulangerie et se donnera les moyens de la réaliser. Malgré la perte de son emploi et de son mari, elle reste une femme forte qui ne baisse jamais les bras. 

    « Alors qu'elle s'enfonçait dans la campagne, loin de la côte, elle réalisa qu'une éternité s'était écoulée depuis qu'elle avait marché pour le seul plaisir de marcher. Du temps où elle était solvable, elle fréquentait les rues de Plymouth pour faire du shopping, elle se rendait aussi régulièrement dans sa salle de sport, mais jamais elle ne sortait pour marcher, tout simplement. (...) De nouveau, elle sourit à cette sensation présente au niveau des épaules, et cette fois réussit à la définir. Une sensation d'absence. Absence de poids, de tension. »

    Bien sur, ce livre bienveillant a sa touche d'amour. La petite histoire que Polly vivra ne tourne pas à la mièvrerie et je remercie l'auteur pour ne pas l'avoir tant développé que cela. Le but de se roman n'est pas de permettre à Polly de retrouver l'amour mais de se retrouver elle-même. Elle y arrive, à l'aide de projets et d'objectifs qu'elle se met elle-même. Polly n'est jamais fatiguée et on la suit dans sa vie bien remplie ! 

    Au final, j'ai bien aimé ce livre mais il n'est pas un coup de cœur. J'ai passé un bon moment à Polberne, un petit village duquel on a envie de s'échapper une fois arrivé et pourtant... A la fin du livre, il paraît tellement attachant et plus vivant que Plymouth qu'on pourrait y déposer ses valises.

    « Alors, Polly repenserait aux reflets du soleil scintillant à la crête des vagues, quand la mer était haute, aux changements de lumière et aussi à l'eau qui se teintait de rose, de mauve et de violet lorsque le soleil se couchait, à l'ouest. Vous compreniez qu'un autre jour était sur le point de se terminer, sans que vous ayez eu envie d'aller nulle part ailleurs. »


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