• ~ Entre mes mains, le bonheur se faufile de Agnès Martin-Lugand ~

    Résumé :

    Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.

    Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…

    Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ 

    Chaque mois, je découvre un nouveau livre d’Agnès Martin-Lugand. En avril, j’ai lu Les gens heureux lisent et boivent du café puis La vie est facile, ne t’inquiètes pas en mai. Ce mois-ci, c’est avec Entre mes mains le bonheur se faufile que je suis partie en week-end. Il a été publié aux éditions Michel Lafon en juin 2014 et aux éditions Pocket en mai 2015.

    Depuis le premier que j’ai lu de l’auteur, j’ai adoré son style d’écriture et les histoires dans lesquelles elles nous emportent. Entre mes mains le bonheur se faufile n’a rien à voir avec Les gens heureux lisent et boivent du café et j’ai été très heureuse de constater que l’histoire prend un tournant complètement différent, bien qu’il soit toujours question d’un portrait de femme.

    Iris est coincée dans un emploi dans une banque qui ne lui plait pas. A ses heures perdues, elle coud et confectionne des vêtements. Lors d’un repas chez ses parents, elle découvre qu’ils lui ont volé l’avenir dont elle rêvait : devenir couturière. Elle décide alors de tout plaquer et de réaliser ce rêve.

    Iris m’a tout de suite été familière, attachante. J’ai beaucoup aimé navigué dans sa vie avec elle, entre ses allers-retours à Paris, sa vie mondaine dans un Paris de style et de luxe. Elle flirte, minaude et se redécouvre à travers la confection, le stylisme et la couture. J’ai adoré cette liberté qu’elle incarne soudainement, cette force de caractère qu’elle possède, lui permettant d’accéder à ces désirs et à son rêve.

    Les héroïnes d’Agnès Martin-Lugand ont un point commun : elle ne recule devant aucune opportunité et sont plus ou moins bien entourée. Iris est ainsi : elle n’hésite pas et s’embarque corps et âme dans sa nouvelle vie. Grâce à Marthe, jeune femme mystérieuse et déconcertante, qui m’a beaucoup rebuté au début de l’histoire. Elle n’était pour moi pas digne de la confiance que lui accordait Iris. Toujours est-il qu’elle va permettre à Iris d’accéder à l’élite parisienne et de développer son talent. Grâce à Gabriel, fils adoptif de Marthe et jeune ange déchu, elle se redécouvrira et prendra confiance en elle, jusqu’à vaciller. Cela ne sera malheureusement pas sans épines…

     ♦ ♦

    Un livre qui m’a tenue en haleine du début à la fin, une histoire qui m’a emmenée de surprise en surprise et que j’ai dévoré en quelques heures. Un portrait de femme qui évolue au fil des pages qu’on tourne. Un régal, un délice.

     


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  • ~ Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain ~

    Résumé :

    On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse.

    Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

    Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    Je n’avais auparavant jamais lu de livres traitant de l’euthanasie. Lorsque Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain est paru, aux éditions Pygmalion, en avril 2016, j’ai eu très envie de le découvrir et de me plonger dans ce thème à la fois tabou et curieux.

    La couverture du livre est la première chose qui m’a interpellée. Des oiseaux en origami sont soutenus par la main d’une femme. Les oiseaux s’envolent et disparaissent, à l’image du choix de Camille. Cette main qui les soutient représente ce que Camille trouvera au sein du centre qu’elle fréquentera durant les derniers mois de sa vie… On ne pourrait trouver meilleure couverture à une histoire aussi touchante.

    Ensuite, que dire d’un livre si bouleversant ? Une histoire qui va bousculer les préjugés et les tabous, les codes et les normes sociales ? Camille souffre physiquement, psychologiquement psychiquement lorsqu’elle décide de la date de sa mort. Elle veut en finir et nul ne pourra lui faire changer d’avis. Elle entre dans une clinique belge et fait la connaissance d’un médecin peu conventionnel.

    La décision de Camille sera jugée, pointée du doigt et perçue par ses parents comme une décision irresponsable. Cependant, qui peut juger ? L’histoire nous amène à nous interroger sur cette faculté que nous possédons, nous les êtres humains, à ne pas pouvoir s’empêcher de juger autrui dès que les actes dépassent notre zone de confort. A-t’ on simplement le droit de juger un acte aussi courageux que celui d’en finir avec ses souffrances ?

    Camille est déterminée, courageuse. C’est une femme ordinaire dans un corps qu’elle n’acceptera jamais et qui ne l’acceptera jamais. Elle se battra avec son poids des années durant avant de lâcher prise. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle, peut-être parce que je savais dès le départ qu’elle n’y survivrait pas… Malgré les sourires qu’elle esquisse, les activités qu’elle fera en compagnie du Dr Peeters, les sorties qu’il lui fera découvrir, l’impression qu’on a qu’elle réapprend à vivre, c’est dur d’accepter que son choix est irrévocable à ses yeux. Elle m’a impressionnée.

    ♦ ♦

    Une lecture d’exception, puissante, troublante à l’image d’une décision terrifiante, dure et irréversible. L’histoire d’une femme qui se battra des années pour se résigner, une histoire magnifique mais que je ne pourrais surement pas oublier. Il est de ces livres qui restent en nous et qui nous trouble.


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  • ~ Célibataire longue durée de Véronique Poulain ~

    Résumé :

    Vanessa Poulemploi approche de la cinquantaine et doit relever un triple défi : gagner sa vie, trouver l'amour et se marier. Pas facile pour une femme qui tousse bruyamment, jure, fume, abuse de la charcuterie, de l'ail et du camembert, mange avec les doigts et raconte sa vie à tout le monde.

    Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    Je n’avais auparavant jamais lu de roman de Véronique Poulain et pourtant, cette auteure m’était familière. Après avoir découvert son nouveau roman dans les parutions des éditions Stock du mois d’avril 2016, et ayant été attirée par le titre et par le petit résumé, je n’ai pu que me laisser tenter.

    Qui n’a jamais eu comme bonnes résolutions de reprendre sa vie en main, se trouver un mec et être heureuse ? A 50 ans, c’est le défi de Vanessa : recommencer au début. Pleins de bonnes intentions, elle nous embarque dans sa vie mouvementée parisienne. Les premières pages sont riches en humour : Véronique Poulain met un point d’honneur à nous faire rire et nous faire oublier les tracas du quotidien pour nous immerger dans ceux de son héroïne.

    Vanessa a un tempérament et un caractère joyeux, elle n’est pas une grande courageuse mais elle se bat contre la perte de son emploi, les infidélités des mecs qu’elle côtoie. Elle prend le tout à la rigolade et se sert de ses mauvaises expériences pour avancer. On rigole, on soupire, on sourit, on pouffe. C’est un défi réussi. Elle m’a été très attachante car elle a ce côté drôle et maladroit qu’on les héroïnes des romans de chick-lit américaine, notamment. Pourtant, elle repart toujours du bon pied, aiguillée par ses deux copines : Greta, la splendide et richissime autrichienne, prête à tout pour n’importe quoi et Marie, mariée et plus traditionnelle, pleine de sagesse et de commentaires posés.

    Malgré l’humour qui se dégage de cette histoire, je regrette qu’elle soit aussi courte. Finalement, je n’ai appris à connaître Vanessa qu’en surface et je suis un peu déçue. Heureusement que le rire est au rendez-vous.

    ♦ ♦

    Une histoire rigolote, détente sur une femme en pleine remise en question. A 50 ans, que faire lorsque les perspectives ne sont plus très grandes ? Vanessa est là pour y répondre car elle les balaye toutes. Véronique Poulain nous offre un portrait de femme moderne, décidée à se ficher des préjugés.


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  • Résumé :

    Cuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante. Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s'installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s'apprête à vivre des heures sombres à La Havane.

    Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s'accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu'elles continuent d'échanger, Nora comprend que la vie d'Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide. Mais ce qu'elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu'elle pouvait imaginer.

    Mon avis : Coup de 

    J’ai découvert l’auteur avec Le don d’Anna. Subjuguée par son écriture et l’histoire d’Anna, j’ai décidé d’approfondir ma découverte de l’auteur et après bien des conseils, je me suis penchée sur Nora ou le paradis perdu, publié aux éditions L’Archipel en juillet 2015.

    Je n’avais jamais eu l’occasion de lire de roman historique sur l’histoire de Cuba et de ses années noires. L’auteure nous plonge dans le conflit d’une petite île du Golfe du Mexique qui vit des heures sombres, partagé entre leurs valeurs religieuses et la rébellion contre le président Batista puis l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir. Les jeunes yeux de Nora, petite fille cubaine, vont nous emmener voyager dans ce pays divisé par la révolution.

    Elle sera obligée de fuir et de rejoindre les Etats-Unis avec sa famille, échappant à l’homme qui règne sur son paradis. L'immigration est également l'un des thèmes qui m'a touché. La famille de Nora est déracinée, quitte son pays pour une nouvelle culture, de nouvelles coutumes, se forçant à apprendre une nouvelle langue, à vivre comme des américains...

    Durant toute sa jeunesse dans le pays de l’Oncle Sam, elle correspondra avec sa cousine Alicia, restée à Cuba avec ses parents. C’est au travers de ces lettres que le lecteur prend conscience de la décadence dans laquelle va plonger Cuba, du totalitarisme qui va s’installer et des nombreuses privations dont vont souffrir le pays et ses habitants. J’ai beaucoup apprécié lire ses échanges, comme s’ils nous étaient destinés, des années après la fin du règne de Fidel Castro.

    Nora sera pour moi l’exemple même de l’espoir, grâce à son courage, sa force de vaincre et de résister ainsi que grâce à son mental d’acier qui sera sans faille du début à la fin, même quand on pense que tout est sans espoir. Elle incarne la détermination abandonnée par de nombreux cubains et sa naïveté à l’idée de revoir un jour le pays de son enfance, le pays magique dans lequel elle a grandi et vécu ses quinze plus belles années, m’a beaucoup bouleversée. Au-delà de Nora, les personnages sont touchants parce qu’ils sont réalistes et incarnent une souffrance, à travers le fait que leur pays est en déchéance.

    La plume mélodieuse et remplie de sentiments, de paysages, d’émotions de l’auteure est un délice et rend à ce récit une part de magie et de mystère qui donne envie de découvrir Cuba, découvrir ce « paradis perdu ». La magnificence et la décadence se mêlent pour former une histoire inoubliable.

     ♦ ♦

    Une histoire délicieuse, lumineuse malgré la période sombre qui la caractérise, animée par une femme à la force de caractère digne des plus grandes femmes qui nous fait découvrir un pays sublime, magnifique. On se croirait à Cuba, on sent Cuba, on respire Cuba du début à la fin et c’est merveilleux.


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  • ~ C'est lundi, que lisez-vous ? #4 ~

    La semaine passée, je n'ai pas souhaité publié mon "C'est lundi, que lisez-vous ?" tout simplement parce que je n'avais lu que deux livres et que j'ai préféré attendre deux semaines pour avoir davantage de matière à discuter.

    ♦ Ce que j'ai lu durant ses deux semaines passées ♦

     J'ai commencé avec Avant toi de Jojo Moyes qui m'a permis de découvrir l'histoire d'une jeune femme déterminée à rendre les derniers mois d'un tétraplégique merveilleux. Sur fond de romance et de leçon de vie, j'ai été touchée par l'histoire de Will et Lou. 

    La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald m'a emmené dans l'Iowa, suivre l'existence paisible d'une ville oubliée et de ses habitants loufoques. Une histoire feel-good avec laquelle j'ai passé un bon moment mais qui ne me marquera pas.

    J'ai découvert Ferdinand avec Mémé dans les orties, le premier livre d'Aurélie Valognes. Une histoire rigolote et attendrissante qui ouvre la réflexion sur la vie des personnes âgées et l'optimiste des relations intergénérationnelles.

    Caroline Michel m'a ensuite permis de rencontrer Jeanne, trentenaire obsédée par la maternité, dans son roman 89 mois et j'ai beaucoup aimé ce roman léger, drôle. L'histoire nous permet de nous interroger sur ce que la société nous renvoie en termes de maternité et sur les préjugés qui s'installent lorsqu'une femme désire être mère seule.

    Enfin, je suis partie à Cuba avec Nora ou le paradis perdu de Cécilia Samartin, une auteure que j'avais découvert le mois dernier et qui m'avait littéralement envoutée.

    Ce que je lis en ce moment ♦

    ~ C'est lundi, que lisez-vous ? #4 ~

     

    • Célibataire longue durée de Véronique Poulain

    Mes prochaines lectures ♦

    Dans le cadre du Pretty Books Club, je vais me lancer dans le roman d'Adèle Bréau, La cour des grandes. Pour le reste de la semaine, je verrais au gré de mes envies...

    ~ ~ 

    Et vous, que lisez-vous ?


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